Séjour en Camargue
insecte

BONNELLES BULLION NATURE

 

 

Association de découverte et de protection de la nature

chevaux camarguais
Flamants roses
groupe camarguais

CAMARGUE 6 Mai-11 Mai 2018

 

Jérôme Demeulle a espéré depuis des années ce séjour naturaliste dans le Sud de la France.

Il l’organise cette année, grâce à la succession de jours fériés, mais doit cependant composer et jongler avec

- ses douloureux problèmes familiaux : décès de son papa

-les grèves SNCF (certains prennent le train pour Arles ou Avignon)

- l’acheminement (arrivées et départs) depuis les gares et le gîte à Albaron

- le covoiturage pour ceux qui font Bonnelles- Albaron

- le changement continuel du nombre de participants (jusqu'à la veille du départ ! ),

- le choix des repas (bio, végan, végétarien, sans gluten, les ‘’j’aime pas ci-j’aime pas çà’’),

-la répartition des chambres (2 petits lits, 1 grand lit, plusieurs lits),

- les ‘’je veux des draps – j’en veux pas’’, ‘’j’fais le ménage-j’le fais pas’’

- le choix d’1 ou 2 locations de mini-bus et organisation des covoiturages,

 

Nous sommes donc 19 participants à loger au Mas des Vignes gite d’Albaron: http ://www.masdelavigne.com /accueil.html

Nous avons 3 grands gîtes accolés. Un traiteur l’épicier gourmand de Pont de Crau livre, chaque jour, les repas. Jérôme, à 6H30, va chercher le pain frais à St Gilles, pour les petits déjeuners.

Frédéric Bouvet et Christophe Giraud sont, à tour de rôle, nos guides naturalistes.

 

Le CR de mon séjour naturaliste en Camargue est personnel, inévitablement truffé d’erreurs et d’approximations, d’oublis…

Suivre, entendre, comprendre, noter, ce qui se dit entre19 personnes et un seul guide officiel, relève de l’exploit ! 19 personnes (expertes pour la majorité) qui peaufinent leur intérêt pour l’ornithologie, l’entomologie, la botanique, la photographie, l’herpétologie. Cette année j’ai échappé à l’astronomie, la géologie, la mycologie, les chiroptères….

 

Ce récit journalier est par ordre chronologique, ce qui explique les redondances sur les 6 jours. J’insiste sur la description des oiseaux qui m’ont séduite.

En préambule, je présente cette vaste zone humide dont la plus grande partie du territoire camarguais est inaccessible au public, et dresse un petit glossaire des termes locaux.

N.B glossaire et cartes topographiques en fin de C.R

 

Géographie et géomorphologie

 

Voir carte topographique

 

Cette vaste plaine alluviale (140 000 ha) est située au débouché du sillon rhodanien.

La Camargue est un plat pays parsemé d’étangs, de lagunes qui contrastent avec les reliefs, au loin, à l’Ouest par les garrigues languedociennes et collines cévenoles ; à l’Est par les Alpilles.

Le delta du Rhône( 1780km2) est un triangle de basses terres, limité à l’Est par la Plaine de la Crau, ancien cône de déjection de la Durance torrentielle, et à l’Ouest par la costière du Gard construite par les torrents cévenols.

Le Rhône est l’artère centrale. Son cours se divise à Arles , en deux cours, :

-l’un, le Grand Rhône qui draine 85% des eaux, se jette dans la mer à Port St Louis du Rhône ;

- l’autre, le Petit Rhône qui draine 15%, s’ensable peu à peu, a son embouchure près des Stes Maries de la Mer.

Ces deux bras compartimentent la Camargue en trois secteurs :

-Le secteur occidental ou ‘’Petite Camargue’’ (38 000ha) entre le Petit Rhône et la Costière du Gard

-le secteur central ou ‘’Grande Camargue’’ (78 000ha) entre les deux Rhône.

-le secteur oriental ou ‘’Plan du Bourg’’ (24 000ha) à l’Est du Grand Rhône, s’appuyant sur les cailloutis de la Crau.

La Camargue est un épais matelas d’alluvions limono-argileuses et sablonneuses qui se sont entassées sur l’assise caillouteuse d’il y a 2 millions d’années. L’architecture actuelle du delta est la résultante d’une lutte permanente entre terres émergées et la mer; mouvance des rivages, des dunes, du Rhône; combat entre les eaux douces et les eaux salées. La construction de la Camargue est donc la conséquence d’un antagonisme entre les eaux douces chargées d’alluvions du Rhône et celles de la mer dont les houles, les courants, les tempêtes dispersent et remanient les sédiments qui s’amassent aux embouchures. Le vent qui débouche violemment du couloir rhodanien, modèle le relief, influe sur l’évaporation. Le mistral provoque des dépôts de sable sur les dunes littorales, des accumulations de matériaux divers aux pieds des touffes de salicornes, le déplacement des plans d’eau (inondant le sol à certains endroits, l’exondant ailleurs), érode les berges, déracine les Tamaris…..De gigantesques travaux obligent désormais le Rhône à demeurer dans son lit actuel

Voir la carte relatant les variations du fleuve.

 

Voir carte topographique

 

Les sols et les reliefs.

Les sols ont une prédominance d’éléments fins, riches en calcaire et très pauvres en matières organiques. C’est une plaine quasi horizontale, mais qui possède un micro relief : bombements, dépressions, cordons dunaires, montilles, levadons, touradons…

Les biotopes (expliqués schématiquement du Nord au Sud)

 

Voir carte topographique

 

La forêt riveraine, le long des deux bras du Rhône, a des arbres aux feuillages caduques :populus alba, salix alba, alnus glutinosa, fraxinus oxyphyllia. Les sous –bois foisonnent de cornus sanguinea, ds ligustrum vulgare, de hédéra hélix…..

Les cultures, partie Nord et sur les bourrelets du fleuve : riz, vigne, céréales, prairies

 

Les sansouires sur les terres salées laguno-marines et la pelouse à saladelles en terrains plus secs et moins salés-

-la sansouire basse et humide (60cm) ( arthrocnemum fructicosum), aspect touffu et buissonneux se situe proche des marais d’eau douce ou saumâtre, elle est généralement inondée en hiver

-la sansouire basse et salée (arthrocnemum glaucum) laisse apparaître de larges étendues de limon nu, souvent inondées l’hiver. On y trouve la salicornia européa, la salicornia radicans

-la pelouse à saladelles ( statice limonium, statice virgatum) recouvre complètement le sol. On y trouve aussi l’obione portulacoïdes, la sueda fructicosa. Ainsi que des fleurs des pâquerettes, des inules, des myosotis,. Sur les parties hautes, on y voit des arbrisseaux : phillyrea angustifolia, tamaris gallicus…et des ronces (rubus)

 

Les marais occupent les dépressions de la sansouire, leur salinité est très faible, ils sont alimentés par les eaux de pluie

- marais à roselières compactes (phragmites communis, thypha augustifolia,

- marais ouverts appelés ‘’clairs’’, composés d’herbiers ( myriophyllum spicatum, potamogeton pectinatus, ranunculus baudotii, scirpe triangle, juncus maritimus ;

Dans les canaux d’eau douce, l’iris jaune (iris pseudacorus) côtoie les lentilles d’eau.

 

Les étangs saumâtres . ils occupent le Sud du delta, sont peu profonds, et d’importants herbiers immergés s’y développent.

- en eau peu salée (4 à 8g /l) : myriophyles et potamots

- eau plus salée : herbiers de ruppia ( maritima, spiralis), et de charas (canescens, aspera)

 

Les salines sont colonisées par des herbiers de ruppia, ou d’algues vertes filamenteuses. En bassins de cristallisation, la dunaniella salina irrise de rose les eaux stagnantes.

 

Les dunes forment un cordon continu en arrière des plages de Camargue . Elles culminent parfois à 6 ou 7 m. Des oyats (ammophila arenaria ), et des erianthus ravennae fixent le sable. On y voit aussi des immortelles (helychrisum staechas) des panicauts ( eryngium maritimus), des anthemis maritima…

 

Bois des rièges est le nom donné à une dune ancienne au Sud du Vaccarès . il est composé essentiellement de génevriers de Phénecie (junuperus Phoenicea), de phillyrea augustifoli), de pistacia lentiscus, de rosmarinus officinalis, d’asphodelus cerasifer…..

 

La plage composée de sable très fin, n’a aucune végétation. Hors du périmètre des digues de

protection, elle est soumise aux caprices de la mer.

 

 

Dimanche 6 Mai

 

Certains sont arrivés la veille au gîte du Mas des Vignes, mais l’arrivée officielle doit se faire ce dimanche. L’échelonnement des arrivées est assez épique ! Jérôme s’arrache les cheveux !

Qui en covoiturage, (de Montpellier, de Privas, de Bonnelles….), qui en train SNCF (d’Avignon, d’ Arles), les 19 participants se retrouvent enfin !

Le Mas des Vignes, à Albaron, est agréable. Nos 3 gites spacieux, sont accolés dans une grande bâtisse fraiche, ombragée sous d’immenses platanes. Mais malheureusement nous devrons scinder en deux groupes, dans deux gîtes, la prise des repas.

Cette propriété a été habitée depuis des générations par la famille Rozière, riziculteurs. Les gites ont gardé leurs beaux meubles provençaux et sont confortables. Les Rozière habitent sur place. Ils ont crée le Musée du riz, sont riziculteurs et producteurs de bière de riz.

 

Aujourd’hui, il semblerait que les agriculteurs et les ruraux veulent maintenir leur campagne vivante et accueillante. Ils ouvrent leurs portes, communiquent, et ont pour la plupart le label Bio

Expl : plants potagers, élevage de poules, vin sans sulfite, chevriers (pélardons), maraichages, essaims (miel), viande bovine, plantes aquatiques d’épuration, huile d’olive (picholine), escargots, confitures…..

Nous sommes sur deux départements : le Gard et les Bouches du Rhône.

 

Aux abords du mas, les Huppes fasciées, les Rossignols s’égosillent. Les magnifiques Guêpiers s’alignent sur les clôtures. Un Moineau Friquet, se mélange aux Moineaux domestiques

Les guêpiers (29cm), oiseaux sociables, souvent en groupe, affectionnent les zones ouvertes ensoleillées, proches d’un cours d’eau à berges sablonneuses abruptes. Leur plumage est bariolé, exotique, gorge jaune, dessous bleu azur, calotte et dos brun roux. Ils perchent fréquemment sur les fils téléphoniques, les barbelés.

 

Vers 18H : Aux abords du gite, première courte balade sur un levadon. Le mas est mitoyen au Petit Rhône, en pleine rizière. Très vite nous nous apercevons que le territoire du delta est essentiellement constitué de propriétés privées (et de réserves) interdites au public. Des chaines, des barrières, des panneaux d’interdiction barrent efficacement notre chemin.

Ce chemin surélevé est bordé du coté Petit Rhône de peupliers blancs, de figuiers sauvages, saules, tamaris, de roseaux, de ronciers….Des cris de Paons sont omniprésents, les Rousseroles Turdoïdes s’en donnent à coeur joie.

Du coté dégagé des bassins de riziculture, les Ibis falcinelles picorent ou s’envolent en nombres vers leurs héronnières.

Le ciel annonce l’orage, les grenouilles entonnent leur tintamarre, les moustiques nous attaquent. Un gros criquet ( ?), une jolie araignée ( ?) sont observés à la loupe.

 

20H Diner excellent

La répartition des repas, dans les deux gites, des régimes spéciaux, est une vraie galère ! Mais l’apéro (pris en communauté dans un seul gîte) est sympa et animé

 

Lundi 7 Mai

 

Il y a du brouillard rosé par le soleil mais il va faire beau.

 

7H30 Petit déjeuner avec le pain frais rapporté par Jérôme.

 

8H Présentation du guide naturaliste : Fred spécialiste de Camargue, de la Crau et des Alpilles. Il sort à peine d’une fracture du bassin, souffre et a beaucoup de mal à marcher.

 

8H30 Départ avec répartition des 20 personnes en 1 minibus, loué chez Leclerc et amené par Fred, et 3 VL

Il faut aller pointer au Leclerc d’Arles pour enregistrer la personne (Fanny R.) susceptible de conduire le minibus.

Au programme : Les Alpilles, les Baux de Provence, le Plateau de la Caume, Aureille, Eyguières, …..

Nous laissons bientôt la D17 après l’abbaye de Montmajour, passons l’aqueduc romain, sur une petite route champêtre, vers Paradou, bordée de coquelicots, de graminées, d’iris jaunes, d’oliviers avec en arrière plan les contreforts des Alpilles. Nous traversons les parkings surpeuplés des Baux de Provence, pour stationner en contre bas, sur parking gratuit, plus calme.

 

10H45 Départ sur le chemin de Tremaï

Un splendide gros papillon, Paon de nuit, fraichement éclos, accroché sur une roche, se déplie au soleil. Les églantiers, les genets d’Espagne en fleurs embaument. Les chèvre-feuilles, les coronilles, les cistes abondent.

Fanny R., Hélène C., capturent délicatement des insectes, les enferment de courts instants dans des boites translucides, les déterminent, les étudient à la loupe, et les libèrent.

Nous voyons ainsi l’Odynère, l’Ascalaphe, le flambé, des petites cétoines, l’oxycera fenesta,…..

Nous sommes sur le sentier, en contre bas, qui contourne d’Est en Ouest la falaise de la citadelle,. On aperçoit les abris troglodytiques, vestiges de l’époque romaine.

Mais Fred est venu là pour apercevoir les monticoles bleus.

Nous attendrons longtemps. Observant malgré tout, avec plaisir, les martinets alpins, les martinets à ventre blanc, les grands corbeaux, les hirondelles de roche, les bruants zizi, les choucas

Nous botanisons aussi : gesses, orobanches, chênes kermes, sumacs, pistachiers thérébente, cistes cotoneux….

Enfin, aux longues vues, nous détaillons à loisir les monticoles bleus

Le monticole bleu niche dans les rochers abrupts, il est farouche. Le mâle est gris bleu avec des ailes sombres, grand et élancé (23cm)

A pieds, nous poussons jusqu’à la chapelle des Tremaï (trois maries), adossée à un énorme rocher qui se serait détaché de la falaise. Une stèle est taillée dans la roche, représentant trois personnages vêtus à la romaine.

Un petit belvédère surplombe le vallon d’Entreconque. C’est splendide. Toutes les nuances de vert sont déclinées sous le ciel bleu: les cyprès, les oliviers, les vignes, les prairies, les frondaisons d’arbres divers. La terre rouge de bauxite ravive ce décor enchanteur. Reprise des voitures surchauffées vers 12H30.

 

13H Arrêt piquenique sur le parking ombragé de la pinède, au départ des randonnées du plateau de Caume (387m). Des ornythogales déploient leurs corolles étoilées. Des chênes bas kermes font penser à des sous bois de myrtilles. Fred ouvre la barrière, et engage sa voiture sur la route pierreuse. Il ne peut pratiquement plus marcher. Les 19 continuent à pieds, et montent jusqu’à la muraille aux 2 trous. C’est un peu la débandade, chacun adaptant sa vitesse selon son intérêt : photographie, bavardages, botanique, entomologie, ornithologie…

Nous sommes cependant programmés pour apercevoir l’aigle de Bonelli : le seul rapace à avoir une tache blanchâtre sur le manteau entre le dos et la tête.

 

15H Le rocher à deux trous peint par Van Gogh, offre de vastes panoramas sur les deux versants des Alpilles. Au Sud, la vue porte par temps clair jusqu’à la Méditerranée; au Nord, sur la Montagnette, le Gard, le Mont Ventoux. Des orages carabinés se forment au dessus des plaines. Nous restons longtemps, assis aux ouvertures de la falaise, regardant St Rémy, au dessous

Des vols de faucons crécerelles tournoient.

Autrefois, dans un cirque naturel proche (que nous ne voyons pas) de ces Alpilles, vivaient en harmonie, les vautours percnoptères et les aigles de Bonelli.

Puis les les Bonelli sont partis nicher sur le versant Sud. En 2006 ils sont revenus, mais très agressifs. Les percnoptères sont partis nicher à Eygalières.

 

On compte 26 couples d’aigles de Bonelli en France. 4 couples dans les Alpilles contre 800 couples en Espagne

 

On relève 200 espèces de chauves souris dans les Alpilles. Une espèce est protégée : les 30 000 Chiroptères de Schreibert hibernant dans la carrière avant de migrer

 

17H Pas de vols d’aigles de Bonelli en vue.

Les orages ont éclaté dans les plaines et semblent se rabattre sur nous. Le vent s’est levé. Nous redescendons et botanisons un peu : Aphyllanthe de Monpellier, Poirier Ste Lucie, globulaires bleues, Asphodèles, Lin, Euphorbes….

 

A contre jour, certains pensent voir une cigogne noire

Les rayons du soleil embrasent les dentelles de calcaires blancs sur le ciel noir orageux. C’est splendide. Les photographes se régalent.

 

Fred ouvre les barrières et permet à nos véhicules de se rapprocher d’un site, versant Sud, où l’on verra le vautour percnoptère couver sur son nid, à flanc de falaise.

Aux longues vues on ne distingue que la tête bien rousse.

Nous quittons le site, pour reprendre la route D17

 

18H30 Premier arrêt près d’Eyguières.

Les champs sont pâturés par de beaux troupeaux de moutons.. Nous venons de subir les pluies de l’orage. Sur les genets, les Bruants proyer s’ébrouent. Les alouettes lulu recommencent à chanter. Des Rolliers sont perchés sur des fils barbelés, des guêpiers sur les buissons, des milans noirs survolent les prés

Nous trouvons les outardes canepetières qui se cachent dans les herbes, mais qui se font repérer par leurs curieux chants. Les prairies ne sont pas fauchées. Le foin de la Crau (AOC), fait avec une flore très variée, est excellent pour les bovins. Cette pelouse pastorale, irriguée par le canal de Craponne, au Nord, est mise en culture

L’outarde canepetière (45cm), très méfiante, a besoin d’un terrain plat, semi découvert, genre steppe, mais doit pouvoir se cacher dans les prairies naturelles.

Oiseau terrestre, grégaire, son corps est chamois, brunâtre sur le dos. En période nuptiale, le cou du mâle est noir avec deux bandes blanches. Ce plumage se gonfle, s’enfle lors des parades.

 

Second arrêt un peu plus loin. Un berger est passé avec ses moutons et 6 superbes chiens Patou. Sur un terrain plus caillouteux nous distinguons nettement l’oedicnème criard et des perdrix rouges.

L’oedicnème criard (45cm) aime les terrains pierreux, arides, on le voit souvent isolé, craintif, tapis au sol, actif au crépuscule en marchant furtivement sur ses hautes pattes.. Il a un grand bec à bout noir et un gros œil jaune, son plumage est roux, jaunâtre tacheté de noir.

Reprise des voitures. Nous longeons une bâtisse où une grange en pisé et galets en arrêtes de poissons, est admirable.

 

20H30 Près d’Aureille, arrêt dans des vignes, sous un ciel pur, aux pieds des Alpilles, pour observer les Hiboux Grands Ducs, perchés sur les crêtes. Aux longues vues, ces grands oiseaux sont majestueux. 40 à 60 couples y nichent. On les entend chanter ainsi que les engoulevents.

Le Grand Duc d’Europe est un nocturne partiellement crépusculaire. Il aime les crêtes des falaises, le haut des vieux conifères. Il construit son nid sur des corniches inaccessibles. Il dégage un aspect puissant et trapu ; un plumage abondant avec dos brun foncé, vermiculassions et barres noirâtres ; une grosse tête aux longues aigrettes dressées lorsqu’il chante; ses yeux sont rouge orangé; Son chant étouffé de près, est audible à 4 km et se répète toutes les 8 à12 secondes.

 

21H30 Un Food truck crêperie, garé dans le vignoble, nous sert à diner de délicieuses galettes.

 

23H Retour aux gites, Les rainettes méridionales coassent.

 

Mardi 8 MAI

 

6H30 le temps est orageux Il pleut par intermittence mais la luminosité est vive. Différentes zones de brumes survolent magnifiquement les plans d’eau.

Les ibis falcinelles picorent inlassablement dans les rizières, accompagnés des hérons garde-bœufs, sous les chants des rousseroles turdoïdes. St Gilles, est fort calme à cette heure matinale. Son petit port-canal, peint par Van Gogh, est bien joli.

 

8H15 Présentation de Christophe Giraud, accompagné du chant des Huppes fasciées, Il déplie une carte de la Camargue et explique les 3 systèmes, les 3 milieux de la Camargue (la Camargue humide, la Crau à sec, les Alpilles). Il détaille le delta du Rhône (1780 km2) au cours des siècles, les variations des lits de la Durance et du Rhône…….

Au programme : l’Est de la Camargue, entre les deux bras du Rhône, Tour de Valat, étang du Vaccarès, Mas d’Agon.

 

Le temps est redevenu calme et serein, la surface du Vaccarès est un miroir gris bleuté sans différence à l’horizon entre le ciel et l’eau.

Sans relief, sous l’action des vents et de la mer, la Camargue se modifie sans cesse. Les aménagements du siècle dernier ont ralenti cette mouvance naturelle.

Les digues du Rhône sont achevées en 1868. La construction de la digue à la mer (entre Salins de Giraud et Stes Maries) en 1859. Cet ouvrage est équipé de pertuis afin que l’eau puisse sortir de Camargue et non y rentrer. Ces travaux sont complétés par un réseau de canaux en ‘’patte d’oie’’ convergeant vers le Vaccares.

La tour du Valat:

Le parking est ombragé. Des myriades de moustiques nous assaillent.

Rossignols et Hipolaïs polyglottes s’égosillent.

 

La tour de Valat est un centre de recherches pour la conservation des zones humides méditerranéennes, fondé en 1954 par Luc Hoffmann. C’est une réserve naturelle régionale.

 

Sa superficie est de 2 600ha, reconnue par l’UNESCO en 1977.

 

Nous partons sur une piste caillouteuse, un peu détrempée par les orages de la veille.Tout notre groupe se gratte ! Les moustiques et les ‘’arabis’’ se régalent.

Les iris maritimes bleus ponctuent la prairie hérissée de joncs piquants, de joncs maritimes, de filaires à feuilles étroites...Nous sommes en pelouse, puis bientôt en sansouire aux plantes halophiles

L’Hypolaïs polyglotte, le pipit rousseline , la pie grièche écorcheur se laissent observer à la longue vue, sur les essences buissonnantes .

En vol, nous observons la cigogne blanche (au bec chargé de brindilles), la bondrée apivore, les martinets noirs, les aigrettes, le circaète Jean le blanc,

 

Arrêt près d’une mare temporaire, entre les montilles et dunes fossiles. Ces genres de mares sont très différentes selon leur profondeur et leur salinité. On y voit des renoncules aquatiques, des crustacés triopes, les stirpes maritimes, les juncus maritimes, les juncus acutus, les damazonium. On étudie l’épeire des roseaux.

 

On se penche sur les empreintes, au sol, des pattes des sangliers et des renards, sur une crotte de ragondin. Les lapins sont devenus rares, décimés par le VHD ; le lézard ocellé est donc en voie de disparition car il loge dans les terriers des lapins. En botanique on s’extasie devant la délicatesse verdâtre des evax. On s’étonne de voir, au sol, des monceaux de chenilles ( ?) hyper énervées.

 

11H30 on rentre dans l’enclos des taureaux (absents). On marche sur un chemin de traverses en bois, le long d’une petite station météo, qui mène à l’observatoire du St Seren, étang peu profond.

Y sont observés, posés : cygnes, grèbes huppés, grèbes castagneux, colverts, chipeaux, nettes rousses, grandes aigrettes, flamants roses.

En vol : Cygnes, aigrettes, hérons gardeboeuf, héron cendré, goéland leucoffé.

 

Remarque sur les flamands roses qui préfèrent maintenant s’alimenter avec le riz dans les rizières !

 

12H30 retour par le cheminement en bois : bergeronnette printanière, gobe-mouche noir.

Sur la prairie, étude de petits charançons Leptoconox irritans sur les iris bleus (les fourmis semblent apprécier ses hôtes).

 

13H30- 16H30 Excellent déjeuner au Mas St Bertrand.

C’est jour férié, il y a déjà beaucoup de convives et nous sommes 20 !!!!

Les tables sont à l’extérieur sous de charmantes tonnelles. La restauratrice est une artiste (peintre et sculpteur) et en attendant d’être servi nous pouvons visiter ses ateliers ou aller observer un curieux nid de cigognes en forme de cornet de glace. Les cigognes sont dessus, et des moineaux domestiques habitent la base pointue.

 

Vers 17H premier arrêt , sur la petite route, où des taureaux camarguais se laissent complaisamment photographiés sur le haut des talus. Second arrêt pour observer les élégantes glaréoles à collier.

Nous sommes face à un champ sec, destiné à la riziculture. Un agriculteur est en train de griffer la terre avec un tracteur à laser, aux roues dentées, qui piquettent le sol, sans que la terre ne colle.

Aux longues vues nous voyons bien ces beaux oiseaux discrets, également des vanneaux huppés, des bergeronnettes printanières

Sur une roubine, près d’une martelière (qui, une fois ouverte, permettra à l’eau du Rhône, d’irriguer le champ), une couleuvre vipérine se love à la surface de l’eau.

Etude d’un charançon ( ?) et dernière observation aux jumelles des glaréoles qui, en vol, se passent de la nourriture.

La glaréole à collier (28cm) niche en petite colonie sur des plaines arides à végétation basse. Il lui faut des secteurs dégagés traversés par des canaux.

Elle a de longues ailes pointues et une queue fourchue. La délicate bande noire sous la bavette disparaît en hiver.

 

Vers 18H30 Arrêt le long d’une roubine. Un orage monte, de très beaux cumulus irisent le ciel bleu marine. Des sternes hansel et des mouettes mélanocéphales strient le ciel.

Un gravelot à collier interrompu s’affaire. Une carcasse de carpe traine sur le bas coté. D’énormes carpes peuplent les roubines et sautent parfois sur les berges.

 

Arrêt devant la manade de Jalabert (350ha), taureaux de combat.

Route vers Gageron, St Cécile, près de la bergerie du Mas de la Chassagne (1857)

Vol de cigogne noire

 

Arrêt au Mas d’Agon un immense nuage gris foncé, bordé de frange d’or, surplombe le site. L’orage gronde. Nous sommes au bord des roselières.

Un héron bihoreau est perché sur les branches d’un arbre qui barre une roubine. Un coucou gris se perche un peu plus haut.

Pendant que nous regardons, au loin, la tour de Frank Gery, à Arles, un Héron cendré vire le bihoreau, et prend sa place ! la bouscarle de Cetti donne de la voix

Les rousseroles lancent leurs strophes. Ce qui explique la présence des coucous qui squattent leurs nids.

Non loin, sur une dépression d’eau douce, les bébés cygnes patientent près des adultes.

Les iris jaunes abondent dans les roselières. La jussie, et le faux indigo amorpha, commencent à envahir les lieux.

On voit différents vols : martin pêcheur, mouettes rieuses, sternes, aigrettes garzettes, spatules…

On s’attarde à observer aux longues vues les hérons pourprés

Des odonates, une petite punaise grenat, un splendide lézard vert, terminent nos études.

 

21H retour aux gites . Excellent diner

 

MERCREDI 9 MAI

 

Il fait très beau

 

5H30 Départ avec Fred

Au programme : Crau, Réserve Naturelle Nationale des Coussouls de Crau

 

Il y avait 60 000 ha de milieux exceptionnels ; il en reste 10 000 dont 7 500 en Réserves Naturelles.

Entre la Provence et les Alpilles, les steppes de Coussouls de Crau, sont des anciennes plaines alluviales. Les galets de la Durance s’y sont accumulés sur une importante épaisseur. Cet entassement a formé avec le calcaire des eaux de ruissèlement, un ciment nommé poudingue, roche résistante, presque imperméable, qui ne laisse pas passer les racines. La nappe phréatique importante mais de faible profondeur est en dessous. Le poudingue est à 40cm de profondeur. Les rares arbustes qui y vivent sont des brachypodes rameux.

 

6H Arrêt près d’une bergerie

C’est déjà un peu tard pour voir les gangas. Un lièvre détale.

La Réserve de la Crau est une gestion à problèmes. Fred s’y fait discret et nous demande de ne pas nous éparpiller et d’être silencieux.

Le temps est clair, par endroit laiteux, ce qui provoque une sorte d’aurore boréale du plus curieux effet. On aperçoit le Ventoux, le Lubéron, les Alpilles, l’ancienne décharge comblée ……..

Des bergeries se détachent sur la platitude du sol. De grands troupeaux de moutons (mérinos d’Arles) déambulent.

Des amoncellements (cônes réguliers) de cailloux nous interpellent. Ils ont été dressés au cours de la seconde guerre mondiale, par les allemands, pour empêcher l’atterrissage des planeurs ou avions alliés.

Le lézard ocellé apprécie ces tas.

Le climat de la Crau est méditerranéen. Le vent dominant est le mistral.

La flore est typique de garrigues : rosmarinus officinalis, thymus vulgaris, satureja montana, lavande, ajonc de Provence, quercus ilex.

Sur les coussouls, pas vraiment de plantes, exceptés : brachypodium retusum, thymus vulgaris, lavandula latifolia, stipes capillata, asphodèle d’Ayard.

 

Nous ne verrons pas de gangas cata (160 couples), mais subirons le bruit des avions militaires qui survolent bas, le site.

Les gangas nichent dans les plaines arides, asséchées du delta. Elles ressemblent à un gros pigeon-perdrix.

 

En nous approchant des anciens murs en pierre qui protégeaient les batteries militaires, nous distinguons les nichoirs (artificiels) destinés aux crécerellettes (150couples).

A loisir, nous observons aux longues vues, cette colonie de très jolis petits faucons.

Le faucon crécerellette (32cm) niche dans les ruines, le dos et les épaules sont roux, la tête est bleue gris clair, la poitrine roussâtre.

 

En nous déplaçant un peu, nous voyons un faucon Kobez, un pipit rousseline, des traquets motteux,…

Nous avons un festival de Rolliers sur les grands arbres plus ou moins dénudés, au parking où sont garées nos voitures.

 

9H30 Petit déjeuner sympa dans un café, à l’extérieur, à St Martin de Crau

 

11H arrêt parking non loin de St Martin de Crau, étang d’Entressen

Le beau temps est idéal, avec de jolis nuages. Des milans noirs nous survolent.

Fred réitère : nous devrons marcher uniquement sur la piste caillouteuse et rester groupés afin de ne pas déranger les alouettes.

Nous apprenons, par ailleurs, que la chasse aux sangliers, aux lièvres et aux perdrix se pratique en ces lieux !

 

Fred juge notre groupe : ‘’d’individus toujours dispersés et pas toujours attentifs ‘’

 

Nous observons précisément : bruant proyer, pipit rousseline, traquet motteux, pie grièche-écorcheur…

La brume de chaleur brouille un peu la netteté des longues vues.

Supputations et longs commentaires quant à l’appellation du busard St Martin ou du busard cendré qui nous survole !

Un petit faucheux, opilion, se fait observer parmi les asphodèles fistuleux

Des morceaux de poudingue jonchent le sol. Les alouettes calandrelle et alouettes calandre y stationnent, permettant de belles observations aux longues vues.

Ces alouettes aux plumages brun et sable, vivent en plaines arides. Elles construisent leurs nids à terre. Leurs becs sont coniques couleur corne

L’alouette calandrelle (16cm) a un plumage brun pâle, poitrine blanc sale a peu près dépourvue de stries. Elle a un large sourcil blanc

L’alouette calandre (20cm) est fortement charpentée, a une grande tâche noire aux cotés de la poitrine légèrement striée noire, son dos est tacheté de gris brunâtre. Elle a un large sourcil blanc.

 

14H pique nique près du parking d’arrivée,mais au bord d’un petit ru ombragé.

Les rainettes coassent. On étudie un membracide (proche des cigales)

 

16H30 Arrêt au départ du circuit de Peau de Meau

Ce sentier fait 5km, c’est une draille de coussouls, parcours jalonné de 15 panneaux explicatifs sur la géologie, la faune, la flore, le pastoralisme.

On bavarde avec un berger (roumain) présent sur les lieux, avec son troupeau de 1300 moutons et 130 chèvres. Il pratique encore la transhumance (vers les Alpes)

Nous n’avançons guère, Fred ne peut plus marcher.

En ornitho : corbeau freux, oedicnème

En botanique: eryngium campestri, euphorbes cyparissias, egylopte ovale,

Fred retourne une grosse pierre : un scolopendre s’enfuit, affolé.

Des chenilles de sphinx, un papillon demi-deuil, nous occupent un moment.

Nous ne trouverons pas le criquet glupestre de Crau

Au retour, vers 17H30, sur un amandier esseulé, près du parking, un bruant proyer lance son aubade magnifiquement.

Nous n’allons pas ( ?) sur les bords du canal tout proche où paraît-il 49 espèces d’odonates résident.

 

18H30 retour aux gites. Excellent diner.

 

JEUDI 10 MAI

 

Beau lever de soleil mais le mistral est annoncé.

 

8H Départ: Christophe est notre guide aujourd’hui.

Hélène C. a ramassé dans la cour du mas, une longue mue (1,40m) intacte, de couleuvre de Montpellier.

Au programme : la partie Sud Est de Camargue, le long du Grand Rhône : Salins de Giraud, la Palissade

 

D37, D36…. L’étang du Vaccarès est bien gris acier et agité. Le vent s’est levé.

Nous traversons le village particulier des Salins. D’un coté: la maison du directeur, les villas des cadres, et la cité ouvrière; de l’autre coté: l’usine.

L’architecte était belge, les maisons sont en briques rouges depuis 1856.

L’exploitation du sel est dirigée par Les salins du Midi (autrefois par Pechiney)

L’industrie chimique, implantée depuis 1895, par Solvay, fabrique à partir du chlorure de sodium, du carbonate de sodium nécessaire à la fabrication du savon de Marseille.

 

Arrêt aux Salins de Giraud, à l’observatoire

Près d’une montagne (ou camelle) de sel gris blanc

Ce sel est destiné pour les travaux publics. Le sel d’Aigues-Mortes étant pour le sel de consommation.

Peu loin, nous apercevons la plage de Piémanson, plage de sable fin, des arlésiens.

Nous surplombons les bassins de cristallisation, aux eaux roses, teintées par les algues vertes halophiles : dunaliena salina

Nous voyons posés: des flamants roses, une échasse,

En vol : goélands railleurs, goélands d’Audouin, guêpiers, des ibis falcinelles….

 

Arrêt jusqu’à 11H30 sur la route qui longe le Grand Rhône, juste avant la Palissade.

Sur un tamaris, observation du pouillot véloce.

Nous sommes échelonnés le long de la route, le vent est violent, les longues vues tremblent . Face, à nous, sur un ilot, coté marais, beaucoup de limicoles s’affairent :

Grands gravelots, chevaliers gambette, avocettes, barges à queue noires, barges rousses, bécasseaux variables, bécasseaux sanderling, bécasseaux minute, goélands railleurs, sternes caugek, sternes hansel, bécasseaux maubèche, bécasseaux cocorli, goélands leucoffés, cisticole des joncs……..

Sur le Grand Rhône, c’est plus calme : des cygnes et des tadornes.

Les botanistes commentent la linule cripte, l’obione, l’anthémis, le plantain corne-de-cerf, la bette sauvage, les euphorbes ( ?), ……..

 

12H Arrêt à la Palissade.

Ce domaine résulte de l’action conjuguée du Rhône et de la mer. Il a la forme d’un triangle, bordé à l’Est par le Grand Rhône, à l’Ouest par le Grau de Piémason, au Sud par la mer. Plusieurs montilles, parallèles au bord de mer, façonnent un micro relief. Des martelières font circuler l’eau.

C’est une embouchure de fleuve non aménagée. 702 ha de réserve. Domaines de sansouires, roselières, marais, lagunes, ripisylve (ou bois des rives)

Nous cheminons sur un sentier balisé, un peu abrité du vent.

Nous botanisons beaucoup : cardaires, baccaris (seneçon en arbre), tamaris galica, figuiers, aristoloches, inules faux-christ, aubépines, frênes à feuilles étroites, peupliers blancs, soude, saladelles, obiones, joncs piquants, joncs maritimes, potamots peignés, faux indigo, inules visqueuses, asperges sauvages, ….

Nous regardons des odonates accouplés, des chenilles, des carabes….

 

12H30 : observatoire en bois devant un étang envahi de renoncules aquatiques

Des petites guêpes-maçonnes y ont fait leurs alvéoles. Une mante religieuse a pondu sur la palissade. Sur un ilot des cygnes stationnent. Des flamants roses plongent leurs têtes sous l’eau.

Les rossignols, la bouscarle de cetti, le coucou gris, le bruant des roseaux chantent, accompagnés du chant des grenouilles de Pérez.

 

Reprise du sentier, bordé de tas de sable-coquille, qui longe des cannes de Provence : arundo donax , plantes invasives.

Ce sable est destiné aux ilots reposoir des étangs.

La Camargue est de plus en plus en eau douce.

Regards sur la sueda, l’asperge sauvage, l’halimione portulacoïdes…

Un petit grillon est observé à la loupe

Hypolaïs, gobe mouche gris, coucou, faisan, bergeronnette citrine, bondrées (en vol)

 

14H piquenique ombragé à la Palissade.

Jérôme entend le chant du Pouillot de Bonelli (et non pas de l’aigle de Bonelli !!!!)

 

16H Digue à la mer, pertuis de la Foucade.

Arrêt au parking près du phare de la Gacholle. La piste pour y accéder est défoncée.

La digue à la mer, construite en 1859, a pour but de protéger la Camargue des intrusions maritimes. Les échanges d’eau, entre mer et étangs, se font par des vannes appelées pertuis

Nous observons parfaitement au pertuis de la comtesse, un énorme banc méli-mélo de mulets (muges) dans l’eau ; des mouetttes rieuses et goélands railleurs posés cote à cote. Leur différenciation est aisée, sans jumelles !

Des pavots jaunes, glaucium, ornementent les piles du pont.

Des martinets, des sternes naines sillonnent le ciel.

Des hirondelles rustiques, peu farouches, se posent à proximité

 

Nous cheminons sur la digue en direction du phare de la Gacholle.

3 phares fonctionnent encore en ces lieux ; Faraman, Beauduc, Gacholle: explications entre phares à secteur et phares à éclat.

Des petits escargots blancs missounenques (theba pisana) restent agglutinés aux brindilles sèches.

En botanique : helicrisum, lentisque pistachier, muscari à toupet, orobanche, genévrier phenicié, atriplex,

En ornitho du coté de l’étang du Fangassier : bergeronnette, échasses blanches, huitrier pie, bruant proyer, fauvette à lunettes, chevalier guignette, flamants roses, aigrettes, …

Nous assistons aux batailles féroces entre échasses qui protègent leurs nids et Goélands survolant leur territoire de salicornes

 

Visite du phare de la Gacholle (1882), 17m de haut, portée de 20 km, automatisé, lampes alimentées par des panneaux solaires, l’éolienne d’origine étant à moitié détruite.

De belles photos naturalistes, une exposition SNPN sur la découverte des milieux naturels

 

18H30 Arrêt et entrée dans une propriété privée (le long du Vieux Rhône alimenté par pompage) pour s’approcher de l’ancienne douane.

Site de la bélugue

Heureusement en voitures, nous traversons un troupeau de taureaux de combat appartenant à la ganaderia Yonnet

La piste est étroite, bordée d’ajoncs piquants, d’aubépines, d’énormes figuiers, et très défoncée (tout ce qu’aime Jean H. !!!)

Nous sommes sur des anciens salins. Les paysages se végétalisent, ils deviendront sansouires.

Arrêt devant une petite station météo

Nous avons vue sur les 3 phares, remarquons des traces de sangliers et de renards.

Nous grimpons sur les ruines de l’ancien poste douanier (taxes sur le sel) pour voir les différents îlots artificiels destinés à la nidification des flamants roses et des sternes.

Les flamants n’apprécient pas cet endroit du Fangassier et ont préféré nidifier près d’Aigues -Mortes. Christophe détaille la vie des flamants.

Les renards et hiboux Grands Duc sont leurs prédateurs

Nous observons les sternes hansel, les gravelots, un chevalier aboyeur.

A pieds, nous longeons les anciens bacs abandonnés de piscicultures, des écrevisses y vivent.

Sur une partie herbeuse, proche du Vieux Rhône, au soleil couchant, une touffe d’ophrys abeille, fait les délices des photographes. Des cygnes, un héron cendré occupent les eaux très basses de ce bras mort. Les guêpiers s’éparpillent sur les tamaris

 

21H retour aux gites sous un splendide coucher de soleil. Excellent diner

 

VENDREDI 11 MAI

 

8H15 Départ avec Christophe

au programme : la Camargue gardoise : Sylvéréal, Scamandre, Riziculteur bio, domaine Riboulet

 

Nous passons par St Gilles, traversons le petit Rhône, poursuivons vers la Costière du Gard.

Le sous sol est caillouteux: beaucoup de vignobles et de cultures fruitières. La cueillette des cerises est commencée.

Les hérons garde-bœufs et les chevaux camarguais ont la même couleur blanc jaunâtre.

Les couleurs vives sont le long de la Via Rhona : genêts et fleurs de moutarde jaunes, chardons bleus, coquelicots rouges……

Les Hypolaïs, sur les tamaris affichent des ventres bien jaunes, les guêpiers leurs couleurs chamarrées. Il fait beau.

 

Arrêt sur un pont en fer qui enjambe le canal du Rhône à Sète

La tour Carbonnière d’Aigues Mortes se profile dans l’axe du canal.

Nous approchons des roselières et à loisir contemplons, étudions, visionnons, ce très bel endroit. Les échasses blanches furètent dans l’eau envahie par les renoncules aquatiques ; Les tamaris sont à moitié immergés, souvent morts, offrant leurs squelettes sculpturaux.

Avocettes, spatules, sternes, nettes rousses, tourterelle des bois, guifettes moustac….

Et ô surprise ! Nous découvrons les rainettes méridionales planquées sur les tamaris.

La rainette méridionale est arboricole. Son dos est lisse, couleur vert pomme. Elle s’accroche aux branches par les disques adhésifs du bout de ses longs doigts.

Elle est quelquefois bleu vif, si elle est en déficit de pigment jaune.

Nous en voyons de plus brunes, de la couleur des écorces des tamaris.

 

Christophe règle la longue vue sur une cistude qui prend le soleil sur un touradon.

 

Reprise des voitures vers le mas des riziculteurs. Nous sommes dans le domaine de Sylvéreal, où se comptent les plus grandes roselières d’eau douce : 200 ha et les rizières en cultures.

 

Court arrêt pour photographier de magnifiques chevaux camarguais. Ils sont réputés pour leur bravoure et sont des alliés au quotidien pour le travail du bétail. Leur robe est gris clair, blanc truité ou moucheté.

Des guirlandes de guêpiers squattent les fils électriques.

 

11H30 Mas Neuf de la Motte chez Bernard et Catherine Poujol, riz BIO

bernard.poujol @canard-desrizieres.fr

 

Un petit groupe de canards domestiques stationnent, à l’ombre, sur le chemin

 

Catherine nous fait asseoir sur une terrasse ombragée et explique la vie de sa ferme.

Les Poujol cultivent 60 ha de riz bio. Les rizières des voisins sont en général de 600 à 900 ha .

Ils ont 300 brebis et 7 vaches ( gascogne grise)

Ils sèment par 20 ha des graines fourragères, que les vaches pâturent. Ils retournent ce terrain, griffent et nivèlent au laser, sèment en ligne à sec le riz, puis inondent en ajoutant les canards.

Le riz a deux systèmes racinaires.

- Le premier racinaire terrestre qui, lorsque la plante a 3 feuilles, est mis en eau.

La rizière est donc inondée et les canards lâchés entre les lignes de riz.

-Le second système racinaire aquatique se développe alors, permettant la floraison

Il faut 1200 canards pour 20ha. Ces canards mangent les mauvaises herbes, les petits invertébrés, larves diverses, et provoquent par l’agitation de leurs pattes, une boue fertilisante qui ombrage les racines.

L’eau des rizières est à 28°

La race des canards (qui ne volent pas) : mulards de Bretagne

On entoure de filets bas les rizières. Les prédateurs sont la genette et le renard

 

Bernard nous conduit dans un champ, pour expliquer sur place ses méthodes de riziculture.

 

13H déjeuner à la Ganaderia Riboulet

La tour Bramacé est un bon repère pour entrer dans la propriété. C’est la tour qui soutenait la roue d’un ancien moulin à farine. Un énorme nid de cigognes, habité depuis 2002, s’y est juché.

L’hôtesse de la ganade connaît son texte (!) et argumente ses produits AOC et bio.

Un buffet froid nous est servi sous une halle près des arènes. Certains d’entre nous trouvent scandaleux, le prix de 17€ pour la prestation.

Cette ferme de 550 taureaux de combat, et 30 brebis, cultive son fourrage et ses céréales.

Il faut 1,5 ha par taureau pour que la viande soit en AOC

Elle cultive aussi du riz bio ‘’monobi’’ parfumé naturellement. Egalement des pois chiches, des lentilles, vend des conserves, du saucisson de taureau, de la viande….

 

L’hôtesse Fanny explique que ses taureaux de combat ne sortent qu’une seule fois dans leur vie, alors que les taureaux camarguais sortent plusieurs fois afin de sélectionner leurs comportements aux jeux en public.

 

15H30 Arrêt au centre découverte de Scamandre.

Nous devrions y voir la panure à moustache ; mais ce centre est surtout intéressant pour

ses immenses héronnières qui abritent les 9 espèces de Hérons.

 

Nous commençons par le sentier de la Fromagerie, assez boisé et feuillu : oliviers de bohême, cornouiilers sanguins, peupliers…

Lorsque nous approchons de l’étang, les tamaris à demi immergés dans les roselières, sont des milieux propices pour protéger les hérons des prédateurs.

Nous faisons de longues pauses devant les héronnières : tout s’y mêle : hérons cendrés, garzettes, falcinelles, bihoreaux, garde-bœufs….

On fait son choix et on observe !

Les nids sont habités et le nourrissage des petits est parfois bien scabreux

Les Ibis falcinelles arborent des tons de plumages irisés (du noir au rouge grenat)

 

Les poules d’eau lancent leurs cris. Les vols d’hirondelles rustiques, de milans, de mouettes mélano, de sternes pierregarin nous laissent presque indifférents

 

Par contre si le passage du héron pourpré réveille notre attention, celui du coucou-geai poursuivi par une pie nous émoustille

Le coucou-geai (40cm) a une queue plus longue et plus étroite que celle du coucou gris. Son dessus est sombre parsemé de taches blanches, son dessous est pale. Il squatte le nid des pies.

 

Observation à la longue vue du héron crabier et de sa chevelure punk un peu rousse.

 

Nous terminons par un cheminement sur ponton-pilotis et voyons des écrevisses de Louisiane.

 

Le Bruant des roseaux, les rousseroles effarvates se montrent conciliants, dans les roselières, contrairement aux panures à moustache que nous ne verrons pas. (certains ont dit en avoir aperçues en vol)

 

Il se fait tard, le centre ferme à 18H (par portail automatique).Un concert ‘’les chants de la Sansouire’’, spectacle musical et conté, en plein air, en ces lieux tentent certains (es) d’entre nous.

 

Retour aux gîtes vers 19H

Apéro sympa et dîner excellent des 19 convives + Fred dans un seul gîte, cette fois.

 

 

Née de la lutte entre le Rhône et la mer Méditerranée, la Camargue est, du point de vue biologique, l’une des régions les plus riches de l’Europe occidentale.

Nous l’aurons parcourue, étudiée, appréciée grâce à Jérôme D., Frédéric B. et Christophe G.

Nous aurons observé les étangs ou lagunes, les milieux cultivés (rizières, cultures fruitières, céréales), les digues et les dunes, les marais doux et leurs roselières, les sansouires et les pelouses, les salines, les Alpilles, la Crau…..

Presque les 2/3 des oiseaux observés en Europe sont présents en Camargue. Elle est située dans l’axe de migration des oiseaux du Nord de l’Europe vers l’Afrique.

Elle abrite l’unique lieu de nidification en France, des flamants roses.

Malgré sa platitude (le point culminant étant de 4m au dessus du niveau de la mer), elle est terre de contrastes, de facettes extraordinaires, selon l’heure de la journée et de la saison.

Ses chevaux et ses taureaux en augmentent l’intérêt.

Les 5 700 espèces végétales ou animales (hors invertébrés) dont 489 protégés, les ¾ des espèces de poissons d’eau douce, le ¼ de la flore, recensés en France sont présents en Camargue

En 1977 la Camargue est labellisée ’’ Réserve Biosphère’’ par l’UNESCO pour l’ensemble du delta du Rhône

 

 

ODILE VACARESSE Mai 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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